En France, les impôts sont perçus par l’Etat et les administrations publiques qui sont composées de trois institutions différentes:
- Le gouvernement central, à savoir le gouvernement national à proprement parler, ainsi que divers organismes du gouvernement central. Il dispose d’un budget distinct (budget général, comptes spéciaux du Trésor, des budgets spéciaux). Il recouvre la plupart des impôts.
- Les administrations locales qui comprennent les organismes à compétence territoriale comme les collectivités locales, établissements publics locaux, les chambres de commerce et tous les organismes publics ou quasi-publics financés principalement par les gouvernements locaux. Ils recouvrent de nombreux impôts, mais leur poids est plutôt limité par rapport à celui du gouvernement central.
- Les organismes de sécurité sociale (ASSO) qui sont dotés d’une mission de service public (même si ils se comportent dans une large mesure, comme les administrations publiques). Leur budget est composé de tous les fonds de sécurité sociale obligatoire (régime général, régime d’assurance chômage, caisses de retraite complémentaires et des fonds de prestations sociales, les fonds pour les professions libérales et les fonds agricoles, régimes spéciaux de salariés) et les organismes financés par ces fonds (œuvres sociales, les hôpitaux du secteur public et privé contribuant au service public hospitalier et financés par une subvention de fonctionnement global). Ils sont essentiellement financés par les cotisations sociales lesquelles financent la protection sociale.
Le terme “impôts” en France recouvre les impôts au sens étroit du terme ainsi que les cotisations de sécurité sociale. La plupart des taxes sont perçues par le gouvernement et les collectivités locales, tandis que les prélèvements sociaux sont perçus par la Sécurité Sociale. Une distinction est donc à faire entre les impôts d’une part qui s’appliquent à la production, l’importation, la richesse et les revenus et les cotisations sociales d’autre part qui sont comprises dans la masse salariale versée par un employeur quand il rémunère un salarié. De telles taxes et contributions sont appelées les Prélèvements obligatoires.
Sont soumises à l’impôt les personnes françaises ayant leur domicile fiscal en France, c’est à dire les personnes physiques ou morales, celles vivant en France, c’est-à-dire celles qui ont leur domicile ou leur résidence principale en France, un travail en France, celles ayant leurs intérêts économiques en France., Un seul de ces critères est suffisant pour qu’une personne puisse être considérée comme imposable.
Malgré une tendance à la baisse enregistrée depuis 1999, la charge fiscale en 2007 (43,3% du PIB) reste à un niveau élevé, à la fois historiquement et par rapport à d’autres pays. Les pays de l’OCDE ont connu une augmentation de la charge fiscale comparable depuis le milieu des années 60 à celle de la France, passant de 25% du PIB en 1965 à 36% en 2005. Celle des pays de l’Union européenne a augmenté de près de 12 points de pourcentage du PIB sur la période. Les efforts visant à contrôler l’augmentation de la charge fiscale ont été faits par les États de l’OCDE: le taux d’imposition s’est ralenti durant les années 90 et a légèrement diminué depuis 2000. C’est pourquoi la France continue d’être parmi les pays de l’OCDE dont le taux d’imposition est le plus élevé. Les taxes représentent 45% du PIB contre 37% en moyenne dans les pays de l’OCDE. Le taux global de la sécurité sociale et d’impôt sur le salaire moyen en 2005 était de 71,3% du salaire brut, le plus élevé de l’OCDE. Les niveaux de cotisations de sécurité sociale sont particulièrement élevés (16,3% du chiffre d’affaires contre 9,4% en moyenne pour l’OCDE). Les budgets de sécurité sociale sont plus importants que le budget du gouvernement national. Les budgets du gouvernement national et des organismes de sécurité sociale sont en déficit.
Il existe de nombreux impôts en France. Ils peuvent être classés en fonction de l’institution qui les recueille et de ceux qui les paient. Les impôts sont des prestations pécuniaires imposées sur les personnes selon leurs capacités et sans retour de la prestation, aux fins de la dépense publique et dans le but d’atteindre les objectifs économiques et sociaux fixés par le gouvernement. Quant aux droits de douane, ils sont différents des taxes en raison de leur aspect strictement économique, leur but est de protéger les marché intérieur. Toutefois, certaines taxes perçues par la douane pour l’administration des impôts sont: la TVA prélevées sur les biens des non-membres de l’ L’Union européenne, La taxe sur les produits pétroliers, qui s’applique indépendamment de l’origine des produits, et d’autres impôts. Enfin, même si elles sont obligatoires, les cotisations de sécurité sociale ne sont pas des impôts car ils sont recueillis à une fin précise – la protection sociale – Et les contribuables pourraient bénéficier de ces dépenses. Certains autres impôts, basés sur le revenu des particuliers, sont attribués à des organismes sociaux sans accorder aux contribuables le droit d’en bénéficier.
Impôts sur la production et l’importation
Ces taxes, perçues par les administrations publiques ou par les institutions de l’UE, concernent la production et la consommation de biens et de services. Ces taxes sont indépendantes des bénéfices réalisés par l’entreprise redevable. Elles comprennent les impôts sur les produits et autres taxes sur la production. Les impôts sur la production couvrent essentiellement la taxe professionnelle (devenue Contribution Economique Territoriale), la taxe foncière qui frappent les actifs utilisés aux fins de la production. Ce sont essentiellement des impôts locaux, mais l’Etat contribue à leur recouvrement et gère leur contentieux.
Les impôts sur la consommation consistent traditionnellement en des droits indirects sur la consommation et les droits d’accise, s’appliquant uniquement sur l’utilisation de certains produits (boissons alcoolisées, fabriqués, les produits du tabac et les produits énergétiques). Toutefois, la mise en place de la TVA et sa généralisation ont réduit considérablement le champ d’application et donc les recettes de ces droits et droits indirects même si l’un d’entre eux, la taxe sur les produits pétroliers, a encore un poids très important.
Taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
Afin d’établir un marché unique composé des États membres de l’Union européenne, Un certain nombre de directives sur la TVA a été adoptée depuis 1967, avec l’obligation pour les États d’ adapter leur législation nationale. Les règles relatives à la portée, les assiettes de l’impôt, le paiement, la territorialité de biens et services ainsi que les exigences de déclaration sont partiellement harmonisées, mais les États peuvent appliquer des dispositions transitoires en matière de taux, d’ exonérations et de droits des déduction dont les règles ont été harmonisées.
La TVA est une taxe à la consommation, qui s’applique aux biens et services situés en France. Il s’agit d’un impôt proportionnel sur la production recueillie par les entreprises et, finalement, complètement pris en charge par l’acheteur final, c’est à dire le consommateur, car elle est incluse dans le prix de biens ou de services. En effet, la TVA est appliquée à la «valeur ajoutée», c’est à dire la valeur ajoutée au produit ou service à chaque étape de production ou de commercialisation, de sorte qu’à la fin du circuit économique, l’ensemble du coût fiscal correspond à l’impôt calculé sur le prix final payé par le consommateur. Le taux standard actuel est à 19,6%. Le taux réduit (pour l’alimentation et livres) est de 5,5%. Un taux spécifique de 2,1% s’applique uniquement aux médicaments pris en charge par la Sécurité Sociale. Les recettes nettes de TVA en 2008 sont de 126 milliards d’euros.
Taxe sur les produits pétroliers
Le taxe intérieure sur les Produits Pétroliers (TIPP) s’applique aux produits pétroliers selon des taux fixes prévus par la législation. Elle s’applique uniquement en France: dans les territoires d’outre-mer, il existe une taxe spéciale de consommation (TSC). Face à la hausse des prix du pétrole, une réduction du taux de la TIPP pour les carburants vendus aux consommateurs a été adoptée par le Parlement en 2006. La TIPP est perçue par les services de la Direction Générale des Douanes et Droits indirects des (DGDDI) lorsque des produits pétroliers sont consommés sur le marché intérieur. Les recettes de la TIPP s’élève à 20 milliards d’euros en 2008. Les produits pétroliers sont soumis à la fois à la taxe sur les produits pétroliers (TIPP) et sur la valeur ajoutée (TVA). La TIPP est également incluse dans le montant imposable des produits pétroliers assujettis à la TVA.
Impôts sur la fortune
Le patrimoine peut être soumis à l’impôt lors de sa transmission à titre onéreux (vente) ou à titre gratuit (donation, succession). Dans ces cas, les droits de succession ou de donation peuvent être dus (connus sous le nom Droits de succession) En France.
En outre, les propriétaires de biens peuvent être taxés: la richesse est soumise à une imposition annuelle par l’intermédiaire de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et les impôts fonciers locaux sont payables sur les biens immobiliers. Les gains en capital sont payables lorsque les biens sont vendus, mais cette taxe est un impôt sur les bénéfices.
Timbres actes
Les droits appelés Droits d’enregistrement », correspondent à la actes tampon. Ils s’appliquent principalement à la vente des bâtiments (en plus des taxes locales), les successions et donations, cession d’entreprises et immatriculation des véhicules.
En France l’ Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) est un impôt annuel payable par les particuliers au-delà d’un certain niveau de richesse.. Il a été établi en 1989 pour financer le RMI. En 2008, le rendement de l’ISF s’élève à 4,5 milliards d’euros.
Impôt sur la Fortune
Les personnes qui résident en France sont imposées sur leur patrimoine dans le monde entier et les personnes qui résident hors de France en vertu du droit français sont imposées sur leur patrimoine en France. La taxe est fixée pour chaque ménage (couples mariés ou les partenaires, les personnes qui cohabitent, plus les enfants mineurs). La base d’imposition inclut toutes les propriétés, les droits et les valeurs qui font la richesse des contribuables au 1 er Janvier de l’année fiscale (immeubles bâtis ou non, les entreprises individuelles, les fermes, les meubles mobiles, les investissements financiers, dettes envers vous, automobiles, avions, bateaux de plaisance, …). Toutefois, certains biens sont totalement ou partiellement exemptés (principalement des biens professionnels, c’est à dire des entreprises individuelles, les droits sur les œuvres littéraires et artistiques détenues par l’auteur, certains biens ruraux, les objets d’antiquité, d’art ou de collection).
Les personnes résidant en France ont droit à une déduction de 30% par rapport à la valeur de leur résidence principale.
Un résident en France peut potentiellement réduire l’impôt sur la fortune en raison du plafonné qui s’applique au montant cumulé de l’impôt sur le revenu, l’impôt sur la fortune, les contributions sociales (CSG et CRDS) et les taxes foncières.
Ce plafonnement est connu sous le nom bouclier fiscal, et il limite le montant de ces taxations à 50% du votre revenu imposable.
Le 6e Août 2008, la France a adopté une loi qui donne droit à tous ceux qui ont été non-résidents en France pour les cinq années précédentes, d’exclure leurs actifs non-français de l’impôt sur la fortune pour les cinq premières années de leur séjour en France.
Bien que cette taxe ne s’applique qu’à une minorité de la population de la population, et recueille effectivement très peu de fonds (2% des recettes fiscales totales), elle est très controversée. Beaucoup de gens considèrent que c’est un symbole de solidarité, alors que d’autres considèrent que cet impôt incite de nombreux entrepreneurs à quitter la France.
Taxes sur les successions et donations
Ces taxes, connues sous le nom Droits de succession et droits de donation, s’appliquent aussi bien aux donations qu’aux successions. Les taxes sont applicables lorsque:
(A) Le donateur / défunt est domicilié en France à la date de la donation ou du décès.
(B) Le bénéficiaire est un résident en France ou a été un tel résident pendant au moins 6 ans au cours des 10 années d’imposition antérieures à l’année où le don / l’héritage est reçu.
(C) Le bien est un actif français.
Ces dispositions peuvent être écartées par une convention fiscale.
L’impôt est payable par l’acquéreur, basé sur le montant reçu et en fonction du degré de relation avec le donateur ou du défunt.
Les actifs transmis par décès entre époux et les partenaires du PACS sont désormais exemptés de l’impôt sur la succession en français, mais les dons sont toujours imposables entre les époux et les partenaires du PACS.
Comme pour l’impôt sur la fortune, la valeur de la résidence principale peut être réduite de 30% pour le calcul de l’impôt sur les successions à condition que la propriété soit également occupée à titre de résidence principale par le conjoint survivant ou par un ou plusieurs enfants. Les partenaires de PACS peuvent également bénéficier de la déduction de 30%.
Partenaires PACS
En France, les couples non mariés peuvent convenir d’un PACS (Pacte civil de solidarité) .
Le PACS est un contrat écrit qui peut maintenant être réalisé en allant devant un Notaire qui enregistre ensuite ce contrat avec les autorités. Les relations entre les partenaires sont similaires à celles du couple marital.
Un PACS peut être conclu par:
- Toute personne vivant en couple en France quelle que soit sa nationalité ;
- Un couple vivant à l’extérieur de la France, à condition qu’au moins l’un d’eux soit un ressortissant français.
La situation fiscale pour les partenaires de PACS est désormais alignée sur celle d’un couple marié. En matière d’impôt sur le revenu, le calcul est effectué comme pour un ménage à partir du jour où le contrat de PACS prend effet.
Pour l’impôt sur la succession, le conjoint survivant PACS est exonéré d’impôt sur les successions. Pour les dons, l’abattement déductible et le taux d’imposition sont les mêmes que pour les couples mariés. Si un accord de PACS est rompu avant la fin de l’année suivant l’année où il a été conclu, pour des motifs autres que le mariage du couple ou le décès de l’un des partenaires, l’indemnité sera refusé et l’allégement fiscal récupéré.
Impôts sur les revenus
En France, il existe trois catégories d’impôts sur le revenu: l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur le revenu pour les particuliers et les taxes à des fins sociales (CSG et la CRDS, payées par les ménages). Les impôts payés par les employeurs sur les salaires, à savoir les cotisations sociales, ne sont pas considérés comme des impôts par le gouvernement central français.
L’ Impôt sur le Revenu (IR) est une taxe sur tous les revenus disponibles pour les personnes en un an. À quelques exceptions près, le revenu net est déterminé à partir du revenu global, quel que soit son origine, après application de certaines déductions, puis une échelle unique de taxation est appliquée. Cette échelle est caractérisée par des taux appliqués aux tranches de revenus selon le principe de progressivité. Toutefois, il existe de nombreuses dispositions, il y a donc de nombreux systèmes de taxation en fonction du type de revenus perçus. En outre, certains revenus et plus-values sont soumis à un taux forfaitaire d’impôt. L’IR est payable chaque année sur le total des revenus imposables du ménage.
Les revenus soumis à l’IR sont divisé en sept catégories: les bénéfices industriels et commerciaux, les bénéfices non commerciaux et agricoles, les revenus fonciers, les traitements et salaires, les pensions et rentes, les revenus mobiliers, et les gains en capital. L’ensemble des revenus des particuliers est imposé s’ils résident en France, qu’ils aient la nationalité française ou non. Les personnes qui ne vivent pas en France ne sont imposées que sur leurs revenus de source française. L’impôt est calculé pour chaque foyer fiscal, à savoir la cellule familiale composée soit d’une seule personne, ou deux partenaires et leurs enfants ou autres personnes à charge. La base d’imposition est constituée de la somme des revenus de tous les membres du ménage. Quelle que soit sa nationalité, une personne qui est un résident fiscal en France est imposable sur leur revenu mondial. Les gens qui ne vivent pas en France sont soumis à l’impôt uniquement sur les revenus perçus en France .
Des dérogations sont faites pour des raisons sociales. Les contribuables dont le revenu net ne dépasse pas € 7920 sont exemptés de l’IR. En principe, le revenu imposable est calculé à partir du revenu dont dispose à un foyer fiscal durant une année. Certaines dépenses sont déductibles du revenu total. Il peut y avoir des coupures et des montants maximum imposables du revenu.
L’impôt sur le revenu est calculé par l’administration sur la base des montants déclarés par les contribuables qui sont tenus de déclarer leurs revenus gagnés au cours de l’ensemble de l’année précédente. Mais le calcul de l’impôt sur le revenu prend en compte la situation personnelle du contribuable, en particulier par l’intermédiaire du «quotient familial» d’une part et dans la répartition des réductions ou crédits d’impôt pour les contribuables, d’autre part. Le quotient familial permet de prendre en compte les responsabilités familiales et atténue les effets de la fiscalité progressive, puisque le taux progressif est appliqué à un revenu partiel (le revenu imposable). Ce processus consiste à diviser le revenu imposable de l’impôt des ménages dans un certain nombre de parts égal au nombre d’individus. Le barème progressif de l’impôt est ensuite appliqué au revenu imposable par action. Enfin, cet impôt partiel est multiplié par le nombre de parts afin de déterminer la base imposable.
Le quotient familial est d’une part pour une personne seule, deux pour un couple marié, plus une demi supplémentaire pour chacun des deux premiers enfants et une part supplémentaire pour chaque enfant à partir du troisième.
Il y a certaines limitations au montant de la réduction d’impôt générée par le système du quotient familial. Le montant de la réduction est automatiquement limité par informatique.
Divers crédits d’impôt sont disponibles pour modérer l’impôt total calculé. Il s’agit notamment des crédits d’impôt pour les dividendes, les travaux d’économie d’énergie réalisée sur la résidence principale, l’achat d’une voiture respectueuse de l’environnement, l’emploi de l’aide à domicile, frais de garde d’enfants, le dépôt des déclarations de revenus par voie électronique et le paiement de l’impôt par prélèvement automatique ou par voie électronique, pour les hypothèques d’intérêt, entre autres.
Impôt sur les sociétés
L’impôt sur les sociétés, En France l’impôt sur les sociétés (IS), est un impôt annuel, en principe, qui touche tous les bénéfices réalisés en France par des sociétés et d’autres entités. Il concerne environ un tiers des entreprises françaises. Le taux normal est de 33,1% pour l’ensemble de leurs activités. Le revenu imposable est égal à la différence entre bénéfice brut et les frais déductibles. Le Résultat brut d’exploitation est obtenu par la différence entre les ventes et les coûts. En plus de la marge brute d’exploitation, tous les revenus ou profits réalisés en dehors sont normalement imposables: les revenus provenant de la location de biens, les intérêts, les dépôts et les obligations.
Charges sociales
Depuis sa création en 1945, la sécurité sociale est principalement financée par des cotisations sociales, à savoir les retenues sur les salaires. En principe il n’y a pas d’imposition sur les dépenses sociales, contrairement à la plupart de ses partenaires européens. Toutefois, afin de trouver une solution aux problèmes de financement de la sécurité sociale, les gouvernements ont dû élargir sa gamme de ressources par l’introduction d’impôts supplémentaires, notamment la contribution sociale généralisée (CSG) et le remboursement de la dette social (CRDS) au taux de 0,5%.
Créée par la loi de finances 1991, la contribution sociale généralisée (CSG) est due par les personnes vivant en France et qui bénéficient de l’assurance maladie obligatoire. Contrairement aux cotisations sociales qui ouvrent droit à des prestations en contrepartie du paiement des cotisations, la CSG est prélevée sans prestations corrélatives (comme n’importe quelle taxe). La CSG a une base très large car elle s’applique en principe aux gains et aux revenus du patrimoine. La CSG est composée de trois contributions distinctes. Les revenus du travail sont taxés à 7,5%. Le taux appliqué aux revenus provenant des investissements est de 8,2%. Elle s’applique également aux investissements financiers (avec des exceptions pour certains produits exonérés: Codevi, livret jeune, livret A, Livret d’Epargne Populaire).
La contribution à la dette sociale (CRDS) a été créée en 1996. Comme la CSG, elle s’applique à la rémunération et aux revenus provenant de la fortune. Elle a été initialement créée pour une période de 13 ans, mais ce délai a été aboli en 2004. Le champ d’application territorial de la CRDS est la même que la CSG: ainsi, la CRDS est versée par les personnes vivant en France qui bénéficient d’un régime d’assurance obligatoire. Le taux est de 0,5%. La base de la CRDS est un peu plus large que la CSG, car elle comprend les revenus exonérés de CSG, comme les prestations familiales ou les allocations de logement. Les méthodes de récupération de la CRDS sont identiques à celles de la CSG. La CRDS n’est pas déductible de l’assiette de la taxe sur le revenu.
En résumé, les charges sociales sont composées de quatre éléments: la CSG, la CRDS et le RSA.
Les impôts locaux
Il existe un grand nombre de taxes locales. Les plus importantes sont les impôts directs. Les impôts locaux directs sont les plus anciennes taxes du système fiscal français, elles proviennent des contributions directes qui ont été créés en 1790 et 1791 et des taxes perçues par le gouvernement central, puis transférées aux collectivités locales à l’occasion de la réforme fiscale de 1917. Les impôts locaux sont recouvrés par l’Etat pour le compte des collectivités locales (régions, départements, communes, établissements publics locaux). Il existe quatre principaux impôts directs (taxe foncière sur les Propriétés bâties, la taxe foncière sur les Propriétés non bâties, taxe d’habitation et taxe professionnelle). Les tarifs sont fixés par les assemblées territoriales (conseils régionaux ou municipaux) au moment de voter leur budget annuel. Toutefois, les taux ne peuvent dépasser certaines limites fixées par l’État. Les bases d’imposition sont fixées par l’Etat. Il existe de nombreuses exonérations permanentes ou temporaires.
Taxe professionnelle
La taxe professionnelle est due chaque année par les personnes morales ou personnes physiques qui sont des travailleurs indépendants en France. Diverses exonérations sont prévues (activités exercées par l’État, les collectivités locales et les établissements publics, les entreprises et les organisations agricoles, etc.) La base d’imposition est constituée par la valeur locative des actifs disponibles pour le contribuable. Le montant de la taxe professionnelle est calculé en multipliant la base nette imposable par les taux décidés au niveau des collectivités locales. La taxe professionnelle a été remplacée en 2010 par la Contribution Economique Territoriale elle-même divisée entre la CFE (contribution foncière des entreprises) et la CVAE (contribution sur la valeur ajoutée des entreprises).
Taxe d’habitation
La taxe d’habitation s’applique à tous les bâtiments suffisamment meublés et leurs dépendances (jardins, garages, parkings privés): la taxe est due par toute personne qui dispose d’une unité résidentielle, pour une raison quelconque (propriétaire, locataire, occupant gratuitement) . La base d’imposition est la valeur locative cadastrale de la propriété résidentielle. En 2005, les recettes provenant de la taxe d’habitation s’élèvent à 13,37 milliards d’euros.
Impôt foncier
La taxe foncière sur les terres de construction est appliquée aux biens construits en France. Les propriétés imposables composées de toutes les constructions permanentes, à savoir les bâtiments (immeubles d’appartements, maisons, ateliers, entrepôts, etc.) L’assiette est le revenu cadastral, égal à 50% de la valeur locative cadastrale de l’immeuble (par exemple la valeur fixée par l’administration). Pour des raisons sociales, il existe de nombreuses exemptions et des exceptions.
Histoire destaxes en France
Le système fiscal n’a jamais été simple en France. Il ya toujours eu une extrême diversité des techniques de computation et de recouvrement des impôts. Jusqu’en 1789, les impôts ont été prélevés par l’État, l’Église et les seigneurs. Après la révolution française, les taxes se composaient des impôts sur le patrimoine des impôts sur les revenus. Le régime fiscal actuel a été façonné au cours du XXe siècle. Tous les impôts créés sous la Révolution française ont été supprimés, la dernière étant la patente (supprimée en 1974 et considérée comme étant l’ancêtre de la taxe professionnelle elle-même remplacée en 2010 par la Contribution Economique Territoriale). Considérant que la fiscalité visait à assurer «le maintien de la force publique” et “les dépenses des administrations» (Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen de 1789), la fiscalité vise maintenant à assurer des services publics efficaces et une répartition équitable des richesses et des revenus.
Historiquement, la plupart des impôts ont été payés soit par les récoltes dont on prélevait une part (dime et champart) soit par le travail (corvée, le service militaire). Peu à peu, chacune de ces taxes a été remplacée par une contribution en numéraire plus facile à payer et à recouvrer pour le bénéficiaire ainsi que pour le contribuable. La taille, créée au XIVe siècle, a été une des plus anciennes taxes perçues par la monarchie française. Elle a été remplacée par le fouage. Sous l’Ancien Régime, la perception des impôts a été sous-traitée, c’est à dire que l’Etat a confié la tâche à des entrepreneurs, les gros fermiers, qui ont payé le montant de la taxe à percevoir qu’ils recouvraient ensuite eux-mêmes auprès des contribuables. Le système a été commode pour les deux parties: l’Etat faisait l’économie des structures de recouvrement fiscal et sous-traitait également l’impopularité de l’impôt aux fermiers généraux qui ont profité d’un système très rentable pour eux.
Toutefois ce système a été très critiqué pour avoir favorisé les injustices et les excès.
Certains impôts indirects notables sous l’Ancien Régime étaient les aides (impôts indirects perçus par l’Etat, appliqués aux boissons), les banalités (taxes imposées par les seigneurs lors de l’utilisation des moulins, fours et pressoirs), le casuel (collectés par les Église pour les baptêmes, les mariages et les enterrements), le cens (taxe perçue par les seigneurs, pour l’utilisation de leurs terres), le champart (collectés par les seigneurs, payés par un montant des cultures de céréales), la dîme (collectés par les l’église), la gabelle (collectés par le roi, pour le sel), le Minage (collectés par le roi ou les seigneurs, pour les ventes de céréales à des foires et marchés).
Trois impôts directs ont été créés entre les 15ème et 18ème siècles: la taille, la capitation et le dixième. La Taille, créée au quinzième siècle et utilisée pendant plus de trois siècles, appliquée aux revenus du patrimoine (logement, terres agricoles et élevage). La capitation, créée en 1695, était un impôt sur la propriété, en plus de la taille. Le dixième, créé en 1710, appliqué à tous les revenus de toute propriété (terrains, immeubles, rentes), à un taux de 10%. En 1749, il a été remplacé par le Vingtième (vingtième, à savoir une taxe avec un taux de 5%).
La Révolution française a complètement transformé le système fiscal. L’ancien système a été aboli. Le Parlement, au nom du peuple, a pris le contrôle du droit de percevoir les impôts (le souverain perd ce droit), détruit tous les statuts et privilèges fiscaux (de la noblesse et du clergé, mais aussi des provinces, villes, entreprises, etc.), prévu d’établir une juste contribution proportionnelle et a procédé à ces modifications officielles dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789.
Quatre impôts directs ont été créés dans la fin des années 1700, s’appliquant uniquement à la richesse: la contribution des terres, la contribution du logement, les patentes (Industrie et commerce), et la contribution des portes et fenêtres.
Tout au long du XIXe siècle, les impôts ont peu changé. Les taxes de la Révolution sont restées, notamment les taxes sur la propriété (Taxes Foncières) sur l’activité professionnelle (la patente, ancêtre de la taxe professionnelle) et de nombreux impôts indirects et «Droits» appliqués à des échanges de biens (héritage, achat de biens immobiliers). Dès le milieu du dix-neuvième siècle, il y avait des débats portant sur la création d’un impôt sur le revenu, proposée par Proudhon en 1848, puis par Gambetta en 1869. En 1872, un impôt sur les revenus de l’immobilier a été créé. En 1876, Gambetta a proposé de créer un impôt proportionnel sur tous les revenus. Le seul résultat est la création en 1896 d’une taxe sur les revenus de la Bourse.
Avant 1914, les impôts sont principalement appliqués au patrimoine (la richesse, la terre, l’héritage) ou aux revenus de la richesse. La charge fiscale ne doit pas excéder 10%. Beaucoup de propositions, successivement de Doumer, Cavaignac et Waldeck-Rousseau, ont échoué, en raison de l’opposition de la droite. C’est la Grande Guerre qui a donné l’opportunité de créer un impôt sur le revenu, en 1917, grâce à Joseph Caillaux, ministre des finances. Dans le même temps, les quatre contributions créées en 1790 et 1791 ont été transformées en impôts locaux, et remplacées par l’impôt sur le revenu comme le principal impôt national.
Après la Seconde Guerre mondiale, le système fiscal a subi un certain nombre de réformes visant à moderniser et à adapter l’impôt sur le revenu. Un quotient familial a été créé en 1945. La taxe professionnelle a été créée en 1948, réformée en 1959. Enfin, la dernière innovation significative sur le plan technique, la TVA a été introduite en 1954. Ensuite, l’exemple français a été adopté progressivement dans la plupart des pays développés.
Adopté à travers l’Europe, il sera unanimement considéré comme le meilleur système fiscal pour financer les gouvernements de l’Union européenne. Le système fiscal français est actuellement controversé avec le développement de l’Union européenne et la mondialisation.
Il y a quatre bénéficiaires des recettes fiscales: les organismes sociaux, l’Etat et les institutions gouvernementales, les administrations locales et l’Union européenne (marginalement à 1%). Les impôts directs et indirects représentent environ les deux tiers des recettes totales. Les ressources de l’État proviennent presque entièrement des impôts. Les organismes de sécurité sociale sont en grande partie financés par les cotisations sociales, mais aussi par les impôts, y compris la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS), qui représentent environ un quart du financement des organisme de Sécurité Sociale. Les administrations locales sont essentiellement financées par les quatre principales taxes directes locales (taxe d’habitation, taxe foncière et taxe professionnelle).
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