Le gouvernement vient de présenter ses orientations sur la réforme des retraites et il envisage d’allonger la durée d’activité et de créer une contribution supplémentaire sur les hauts revenus et sur ceux du capital.
Le gouvernement a énoncé ses objectifs et ses engagements dans un document d’orientation sur la réforme des retraites, document qu’il a transmis aux partis politiques et aux partenaires sociaux.
Les difficultés financières des régimes de retraite nécessitent un retour à l’équilibre en 2020 ou 2030 et c’est le but essentiel de cette réforme. Les 14 engagements proposés par le gouvernement portent, entre autres, sur la durée d’activité, le montant des pensions et le financement des régimes.Â
- Pérennité du système de retraite par répartition
Sauvegarder le système de répartition est une priorité d’après le document d’orientation. Les assurés sont cependant encouragés à utiliser les dispositifs de capitalisation leur permettant d’épargner, soit à titre individuel, soit dans le cadre de leur entreprise.
Il s’agit également de rendre le mode de calcul des droits plus simple à appréhender par les assurés, mode de calcul qui pourrait être modifié dans un but de transparence.
- Age de la retraite
Le rééquilibrage financier des régimes de retraite passe, selon le gouvernement, par une solution démographique qui consisterait à allonger la durée de l’activité. Cet allongement serait appliqué aux salariés des secteurs public et privé, dans le respect du principe d’équité. Il s’agirait alors de ne pas pénaliser les assurés déjà agés de 60 ans et cette augmentation ne se ferait que progressivement.
Le gouvernement propose deux modalités d’allongement de la durée d’activité.
- La durée de cotisation à partir de laquelle un assuré pourrait prétendre à une retraite à taux plein augmenterait.
- L’ âge légal de départ à la retraite, soit 60 ans, serait retardé.
Cette mesure risquerait d’avantager les assurés ayant fait de longues études et les jeunes n’arrivant pas à s’insérer dans le monde du travail. En revanche elle pénaliserait les chomeurs plus âgés, le risque étant de les maintenir plus longtemps au chômage non indemnisé. Il faut donc prévoirun dispositif particulier en faveur de cette population.
Le gouvernement préconise, dans le cadre de l’allongement de la durée active, de tenir compte des assurés qui ont eu une vie professionnelle plus difficile. Ainsi, il s’agirait de prolonger le dispositif “longues carrières” né de la réforme de 2003. Il faut également prendre en compte la pénibilité de certains métiers, prise en compte qui se ferait plutôt par un suivi personnalisé de la carrière des travailleurs et non par l’établissement de catégories professionnelles concernées.Â
 - Montant des pensions
Le pouvoir d’achat des retraités sera préservé grâce au maintien de la revalorisation annuelle des pensions de retraite suivant l’inflation.
 - Financement et nouvelles impositions
Le gouvernement exclut d’augmenter le montant des prélèvements obligatoires. Il faut cependant créer de nouveaux prélèvements sur des assiettes et des revenus bien précis, ceci dans un souci d’équité.
La consolidation du financement des mécanismes de solidarité passera par la mise en place d’une contribution supplémentaire de solidarité sur les hauts revenus et les revenus du capital. Cette contribution ne permettra pas aux particuliers de bénéficier d’une restitution au titre du bouclier fiscal. La contribution assise sur les revenus du travail ne pourra être remplacée par une cotisation portant sur la valeur ajoutée.
 - Information des assurés
 Les futurs retraités pourront, à 45 ans, bénéficier d’un examen de leurs droits à la retraite et de conseils sur les divers dispositifs leur permettant d’améliorer leur pension de retraite, grâce à la création d’un “point d’étape retraite”.
La simplification de la situation des polypensionnés est également prévue.